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Le gestionnaire système Linux systemd ajoute un champ facultatif « birthDate » pour la vérification de l'âge aux enregistrements utilisateur JSON
Divisant l'écosystème et conduisant à un fork de protestation

Le , par Stéphane le calme

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En fusionnant discrètement une requête de contribution qui ajoute un champ optionnel de date de naissance à ses enregistrements utilisateurs JSON, systemd s'est retrouvé en quelques jours au cœur d'une tempête communautaire. Entre lois californiennes sur la vérification d'âge, refus catégoriques de distributions alternatives et apparition d'un fork protestataire baptisé « Liberated systemd », l'écosystème Linux affronte une question qui dépasse largement la technique : jusqu'où un gestionnaire d'initialisation peut-il s'immiscer dans la gestion de l'identité numérique de ses utilisateurs ?

Le 18 mars 2026, le projet systemd a intégré dans sa branche principale la requête de contribution n° 40954. Techniquement, le changement est minimaliste : il ajoute un champ birthDate au format YYYY-MM-DD dans les enregistrements utilisateurs JSON gérés par le composant userdb. Ce champ rejoint des métadonnées qui existent déjà dans ce même fichier (realName, emailAddress, location) et ne peut être renseigné que par un administrateur, jamais par l'utilisateur lui-même.

Lennart Poettering, le créateur de systemd qui a récemment quitté Microsoft pour cofonder une entreprise orientée sécurité Linux, s'est empressé de contextualiser la démarche. Il a précisé que ce changement constitue « un champ optionnel dans l'objet JSON userdb », qu'il ne s'agit « pas d'un moteur de politique, pas d'une API pour les applications » et que systemd se contente de définir le champ pour le standardiser si quelqu'un souhaite y stocker la date, sans en faire une obligation. En d'autres termes, systemd jouerait uniquement le rôle de fournisseur de données en arrière-plan, les décisions de contrôle d'accès restant entièrement à la charge d'autres composants du système.

Cette mise au point n'a convaincu qu'une partie de l'assistance. Une requête de contribution demandant l'annulation pure et simple de la modification a été soumise dans la foulée et rejetée par Poettering lui-même. La discussion a été verrouillée après plus de 945 commentaires, un record qui illustre l'intensité des passions soulevées.


Le contexte législatif : Californie, Colorado, Brésil

Pour comprendre l'origine du changement, il faut se tourner vers plusieurs législations récentes. La loi californienne AB-1043 entrera en vigueur le 1er janvier 2027, tandis que la loi brésilienne Lei 15.211 est effective depuis le 17 mars 2026 ; le Colorado a de son côté adopté le texte SB26-051. Ces textes imposent à certains services en ligne et plateformes de distribution d'applications de disposer de mécanismes de vérification de l'âge de leurs utilisateurs.

La mention explicite de ces trois législations dans le message de la requête de contribution a été le premier détonateur. Les détracteurs y ont lu non pas une standardisation neutre, mais une capitulation préventive face à des gouvernements qui, selon eux, n'ont pas à dicter l'architecture interne d'un système d'exploitation libre.

Des voix plus nuancées soulignent que les distributions Linux commerciales, celles qui vendent des contrats de support aux entreprises, ne peuvent pas simplement ignorer ces obligations légales comme le feraient des projets bénévoles hébergés sur un serveur dans un pays tiers. Le dilemme est réel : un développeur indépendant témoignant sur un forum spécialisé a résumé la situation en expliquant que ses distributions personnalisées seraient contraintes de fermer en décembre 2026, faute de ressources pour bloquer géographiquement les États concernés ou pour se défendre lors d'un éventuel procès.

L'architecture technique : une pile à deux étages

Pour saisir ce que cette modification implique réellement, il faut comprendre comment elle s'inscrit dans un ensemble plus large. systemd agit uniquement en tant que fournisseur de données en arrière-plan : en stockant une date de naissance cohérente au niveau du système, il permet aux composants de plus haut niveau (portails ou services de comptes) de prendre des décisions liées à l'âge sans que chaque application ait à implémenter sa propre logique ou son propre stockage.

Le maillon supérieur de cette architecture est xdg-desktop-portal, l'interface standardisée qui permet aux applications confinées dans des environnements Flatpak d'interroger le système hôte de façon contrôlée. Les applications ne sont pas censées accéder directement aux données sensibles de l'utilisateur ; elles formulent des requêtes via une interface...
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Avatar de mith06
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 24/03/2026 à 9:11
Intéressant!
A force de trouver des moyens techniques de contournement à des lois liberticides, le législateur sera un jour obligé de déclarer la liberté illégale, sous motif de protection.
Et on sera tous d'accord!
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Avatar de Bardaz
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 25/03/2026 à 7:53
Ce qui est également important et qui n'a pas été dit dans l'article c'est que systemd à vu dévoiler parrallélement à cela une faille immense qui le positionne à la fois comme très dangereux pour le sytème mais aussi, (avec l'article comme référence) liberticide. Deux coups de massue consécutifs qui font très mal.

Pour résumé lorsque le systemd-tmpfiles vide /tmp l'attaquant peut récupérer les accès root via un snap installé par exemple qui se donne, à la manière d'un flatpak des élévations de privilèges. L'attaque est extrêmement bête aucune connaissance technique poussée est nécessaire, c'est d'une gravité assez extrême vu la simplicité de mise en oeuvre. Systemd et snap sont mise en cause. Devuan est venu alors frimer en disant que leur OS est + secure car ils n'ont pas systemd d'installé, c'est pas faux. C'est evidemment pas la même surface d'attaque et pas la même quantité de code à maintenir.
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